Quid de la réforme du travail en Outremer ?

En France ils sont des dizaines voire des centaines milliers à manifester dans les rues. Malgré le soleil de plomb, des ultramarins protestent également contre le nouveau code du travail. Ils étaient nombreux à protester contre ce projet de loi qui selon eux ne ferait qu’aggraver leur situation insulaire. En effet l’Outre-mer peine à décoller économiquement malgré une batterie de niches fiscales destinées à inciter les contribuables de la métropole à investir dans les DOM TOM.

Tour d’horizon des réactions dans nos différents territoires d’Outremer :

Quid de la réforme du travail en Outremer ?

Guadeloupe et Martinique

Des organisations syndicales et politiques en Guadeloupe et Martinique se sont rassemblées dans les rues. C’est un appel lancé par la CGTG, le Combat Ouvrier, la FSU, le parti communiste guadeloupéen et martiniquais le Parti de Gauche et le journal Rebelle. Ces organisations demandent le retrait pur et simple de ce projet de loi. Ils étaient au nombre d’une centaine.

Saint Pierre et Miquelon

220 personnes selon Force Ouvrière ont manifesté dans les rues de Saint Pierre. Banderoles déployées et tracts en main. Le cortège était composé de fonctionnaires, de commerçants, de salariés du privé, du BTP, de l'audiovisuel ou encore de lycéens.

"Au niveau de l'archipel, nos motivations sont les mêmes que celles que l'on retrouve au niveau national", explique Sophie Briand, secrétaire générale de Force Ouvrière Saint-Pierre et Miquelon. Et d'ajouter : "Force Ouvrière a souhaité rediscuter de la philosophie du projet avec le gouvernement. Le refus du gouvernement a entraîné une demande de retrait de ce projet de loi El Khomri.

Les grévistes se sont finalement rendus à la préfecture pour déposer une couronne mortuaire avec l'inscription "Ci-gît le Code du travail".
Face à eux, le nouveau préfet Henri Jean a défendu la loi El Khomri, qui, pour lui, doit servir à créer des emplois.

Cayenne : les Guyanais soucieux de l’avenir des jeunes diplômés

À Cayenne, les syndicats ainsi que des évènements sur les réseaux sociaux ont invité la population à manifester contre le controversé projet de réforme du Code du Travail. Le retrait d’une loi érigée selon eux contre l’intérêt des travailleurs et des jeunes qui vont arriver sur le marché du travail est exigé par une partie de la jeunesse guyanaise. Trois syndicats étaient représentés : FSU, Sud Education et FO.

La Réunion

L’appel de l’Intersyndicale relayé dès le début par le PCR a rencontré un grand succès. Cela faisait longtemps qu’autant de manifestants n’avaient pas battu le pavé à La Réunion. Des milliers de Réunionnais ont défilé dans les rues de Saint-Denis et de Saint-Pierre. C’est le département où les habitants se sont le plus mobilisés. Les jeunes ouvraient les cortèges.
La politique du gouvernement est fustigée par les ultramarins. Près de quatre ans après l’élection de François Hollande, la déception est grande car le mandat donné n’était pas de remettre en cause le Code du Travail.

Mayotte

Les représentants syndicaux ont tenu à souligner qu’en se greffant à la journée nationale contre la réforme du droit du travail, les mahorais poursuivent leur combat pour l’application du code du travail de droit commun et non pas un code du travail mahorais où les salariés seraient lésés.

« C’est une revendication liée à l’égalité réelle. Les Mahorais, les habitants de Mayotte ne doivent pas être considérés comme des citoyens de seconde zone ou de troisième zone où, certes, il y a un statut dans l’article 73 avec la départementalisation mais où on est toujours dans l’exception et l’application immédiate du droit du travail est aussi un exemple parmi d’autres de la volonté d’égalité réelle pour l’ensemble des citoyens mahorais. », a souligné Yan Durozad du SNES FSU.

Polynésie Française et Nouvelle Calédonie

Pas de réactions dans nos îles du Pacifique, et pour cause : de par leur statut d’autonomie la Polynésie française ainsi que la Nouvelle-Calédonie sont compétentes dans un certain nombre de secteurs, notamment l'emploi. Elles disposent donc d'un ministère du travail qui établit les lois. Ce sont ces lois qui sont applicables localement et non la loi française. Les dispositions du projet de loi El Khomri ne concernent donc pas les Polynésiens et les Calédoniens. Sauf, les expatriés et les fonctionnaires rattachés à l'Etat.

Notre tour d’horizon nous montre bien que les problématiques sont quasiment les mêmes qu’en métropole. Les ultramarins s’inquiètent notamment de la facilité qu'auront les entreprises à licencier du personnel en cas de baisse d'activité économique ainsi que de la mise en cause possible de la durée du temps de travail.

Tous ont mis en évidence l’urgence de mener une autre politique et de retirer un projet de loi dicté par le MEDEF. Tous se disent prêts à montrer leur détermination…