Quelles évolutions du lobbying en France ?

Jusque dans les années 80, l’opinion publique n’acceptait pas du tout que les lobbyistes interviennent dans la vie courante pour faire valoir les intérêts particuliers des entreprises au détriment de l’intérêt général. Cette mentalité est donc totalement contraire à ce qui est habituel dans les pays anglo-saxons. Pourtant, en l’espace de 20 ans, les pratiques ont changé et à travers cet articles nous allons voir ce qu’il en est.

Une évolution en plusieurs étapes

Les agences de lobbying avaient l’habitude de travailler de manière assez discrète. D’ailleurs, si vous souhaitez avoir des informations complètes à ce sujet, n’hésitez pas à lire le livre de Jean Christophe ADLER intitulé Lobbying, les règles du jeu.

L’idée était de pouvoir avancer sans choquer l’opinion publique. Il fallait que les entreprises puissent gérer les situations de crise, anticiper la stratégie de com à mettre en place selon les perspectives de l’entreprise etc… C’est donc de manière assez simple que le tout s’est fait par étapes.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Dorénavant, ce monde a totalement changé puisqu’il y a même des cérémonies organisées pour offrir un trophée aux cabinets de lobbying les plus influents. Par ailleurs, nous retrouvons des actions de ces groupes dans plusieurs secteurs comme dans les télécommunications en début d’année 2012 ou plus récemment avec le secteur bancaire.

En effet, durant la campagne présidentielle, François Hollande avait indiqué qu’il souhaitait revoir le plafond du Livret A à la hausse afin d’attirer plus d’épargne et donc de financer davantage de constructions de logements sociaux. C’est une nouvelle totalement positive pour le grand public qui peut donc avoir un support supplémentaire pour défiscaliser sans subir de ponction fiscale.

Quelles conséquences ?

Or, l’avis du public n’est pas partagé par les groupements bancaires puisqu’un lobbying anti Livret A s’est mis en place. En effet, depuis l’élection de François Hollande à l’Elysée, on assiste à un phénomène où toutes les banques cherchent à présenter les inconvénients de cette solution.

Et pour cause, ces dernières vont voir leur bilan automatiquement réduit, les gains diminués, sans compter la taxation de 20 milliards d’euros par an qui échapperait à Bercy. Comme nous pouvons le voir, il y a donc une véritable volonté des financiers de bloquer cette mesure que souhaite mettre en place Cécile Duflot, la nouvelle Ministre du logement.

On risque donc d’assister à de longues négociations entre le nouveau gouvernement en place et les groupes bancaires. La solution la plus probable comme on peut le voir dans les médias, est la mise en application avec un étalement sur plusieurs années.